Sécurité au travail : l’angle mort du recrutement en entreprise

Dans les coulisses de l’aviation civile, un secret bien gardé assure la sécurité des milliers de vols quotidiens : le comportement humain. En effet, plus de 80% des accidents, toutes activités confondues, sont liés à des comportements inadaptés. Et si les entreprises s’inspiraient de l’aviation pour améliorer leur culture de sécurité en commençant par intégrer dans leurs processus de recrutement une dimension comportementale face au risque plus approfondie ?
Le cas de l’aviation : un modèle à suivre
Dans le monde de l’aviation, la sélection et la formation des pilotes sont rigoureuses. Les futurs pilotes sont évalués non seulement sur leurs compétences techniques, mais aussi sur leurs aptitudes comportementales. La surconfiance, le sentiment d’invulnérabilité ou encore le refus d’être contredit sont autant d’attitudes dangereuses bannies des cockpits.
À l’instar des pratiques du secteur aérien, l’entreprise pourrait prévenir les problèmes liés aux comportements à risque dès le recrutement. Un processus simple de questions permettrait de détecter d’éventuels comportements dangereux chez les candidats. Ce processus pourrait se poursuivre pendant la période d’essai, à travers une mise en situation pour vérifier la cohérence du profil.
L’objectif n’est pas de freiner les recrutements. Les métiers en tension sont nombreux et il serait imprudent d’écarter un candidat aux compétences rares pour des raisons strictement comportementales. Cependant, les managers gagneraient à identifier ces comportements potentiellement dangereux dès l’intégration pour mettre en place un suivi qualitatif et des mesures de prévention adaptées.
Du cockpit à l’atelier
La prise en compte du comportement face au risque dès la phase de recrutement relève d’une approche stratégique qui envoie un signal fort de l’entreprise à ses collaborateurs, contribuant ainsi à renforcer la culture de sécurité au sein de l’organisation.
Ces méthodes d’évaluation existent et font leurs preuves depuis 25 ans dans les cockpits. Pourquoi ne pas les mettre en oeuvre chez vous ?